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Stiring-Wendel - 25 juli 2009
Mademoiselle chante le blues - Dance part
Ici la description de chaque chanson par Patrica:
Addicte aux Heroines
“Cette chanson a été vraiment écrite pour cet album.
On l’a voulue et on l’a conçue comme un générique de début pour installer tout de suite l’ambiance. On y parle de ces femmes qui sont en même temps fatales et arrogantes. Parce que dans les années 1930, l’arrogance était pour elles une posture pour se faire respecter et aussi pour montrer leur force. Si cette chanson avait été placée au milieu de l’album, on ne l’écouterait sans doute pas de la même façon. C’est sa couleur qui détermine la suite… J’ai beaucoup parlé avec Tanguy Dairaine, son auteur. Mais je lui ai laissé aussi sa part de poésie, sa part de fantasme. Il fallait amener des mots qui étaient assez crus, plus osés qu’à l’époque. Nous avons tenté de restituer le langage de cette période. C’était d’ailleurs amusant car Tanguy m’avait dressé une liste des mots que l’on utilisait alors. Il y a des choses que je ne connaissais pas forcément. Mais quand on voit ce qu’écrivait Anaïs Nin ! Pour moi, il n’était même pas envisageable de parler comme elle il y a vingt ans… Et au niveau de l’interprétation, c’était un exercice nouveau pour moi que de parler.”
La chance jamais ne dure
“C'est la première chanson que j'ai choisie.
Elle a été créée par Hildegard Knef, une actrice et chanteuse allemande moins mythique que Marlene Dietrich, mais aussi très connue à l’époque. Elle avait un visage un peu anguleux, un peu masculin, un peu à la manière d’une Barbara… La chance jamais ne dure est donc une adaptation et on ne pouvait pas trop s’éloigner du sens originel. Il y a un côté souriant dans l’interprétation. Quand on rencontre quelqu’un, au début, il y a toujours de la joie et du plaisir. Et puis, au bout d’un moment le train-train s’installe, on commence à se poser des questions… Mais j’ai voulu exprimer cette constatation avec le sourire. C’est une chanson phare de l’album car elle lui a donné sa direction. Je me suis également sentie très à l’aise parce qu’elle a une identité allemande très forte. Quand on écoute la version originale, il y a une expression un peu emphatique, une utilisation du parlé-chanté propre aux chansons des cabarets. Je me suis inspirée des attitudes des vieux fi lms, où la chanteuse posait avec la main sur la hanche…”
Le jour se lève
“C'est une chanson que j'ai toujours bien aimée.
Elle a été créée en 1971 par Esther Galil. Au départ c’est une chanson plus gospel, qui n’avait rien à voir avec cet album. Je lui ai donné un côté un peu posé, un peu “lounge”. C’était un parti pris. Il y a des gens qui redécouvrent cette chanson, d’autres qui ne la connaissaient pas. Au début, je ne savais même pas que c’était François Bernheim, à qui je dois entre autres Mon mec à moi et La nuit est mauve, qui l’avait écrite. Ce n’est que quand je lui ai annoncé tout à fait par hasard que j’allais faire une reprise du Jour se lève, qu’il m’a appris qu’il en était l’auteur. Je ne pouvais pas le deviner car, à l’époque, il écrivait sous un pseudonyme. Là, on a remis son nom !”
Une dernière fois
“Je n'ai jamais entendu ma mère ou mon père me dire "Je t'aime".
Même entre frères et soeurs, on ne se le disait pas. Récemment, pendant les “années sabbatiques” que je me suis octroyées, un de mes frères est venu passer quelque temps avec moi dans le Midi. Nous n’avions jamais vécu comme cela, jamais partagé. Quand il est reparti, il m’a prise dans ses bras et m’a dit “je t’aime”. Ça m’a fait un choc, une intense émotion. Et pourtant ce n’est pas un mot difficile. Mais c’est quelque chose de tellement important. Et quand un homme me dit “je t’aime”, au départ, ça me fait plus peur qu’autre chose. Alors qu’il n’a pas eu forcément la vie que j’ai eue, qu’il ne vient pas forcément de l’Est ; ça peut me bloquer. Sur scène ça pourrait venir plus facilement, mais on ne m’entendra jamais le dire à mon public. Je préfère le faire comprendre à travers un geste, une attention. Mais c’est moi, je suis comme ça… Claude Lelouch a dit que j’ai souvent une certaine tristesse dans le regard, mais que quand je souris, mon sourire devient beaucoup plus important… Pour pouvoir dire à quelqu’un “je t’aime” les yeux dans les yeux, il faut vraiment que ça vienne de l’intérieur. Et encore, j’ai beaucoup de mal ! Je peux le montrer de différentes manières, mais le dire, ce n’est pas évident. Je crois que je le dis en chantant. Pour moi, chanter est un acte d’amour… C’est la première fois que je m’investis dans l’écriture d’un texte de chanson. Il y a longtemps, j’avais écrit sur un papier une phrase ou deux et j’avais noté l’image de ces bougies d’anniversaire qui se rallument quand on souffl e dessus. J’en ai parlé à Tanguy, l’auteur, et nous avons fait évoluer le texte ensemble… Quand je chante cette chanson sur scène, je me mets dans ma bulle car elle est très perso. Mais je n’ai jamais ressenti de tristesse en l’interprétant. Juste de la mélancolie.”
Kabaret
"C'est aussi une reprise.
L’original est Bensonhurst Blues, d’Oscar Benton. Quand on me l’a proposée, j’ai trouvé qu’elle avait un truc, genre cliché, qui pourrait bien coller à l’ambiance cabaret. Encore fallait-il réussir l’adaptation française car c’est un exercice plutôt cassegueule. C’est pourquoi on l’a confi ée à deux auteurs qui me connaissent bien : Tanguy Dairaine et Brifo. C’est une des premières que l’on a enregistrées, mais on n’en était jamais satisfaits. On a dû la refaire trois ou quatre fois. À un moment, je pensais même qu’elle ne serait jamais sur l’album. Quand j’ai effectué une ultime tentative, j’étais convaincue que ça ne passerait pas. Mais c’est peut-être cette forme de renoncement, qui a fait que je l’ai chantée sans réfléchir à l’interprétation et que je lui ai donné un certain détachement qui en fait tout le charme… Le public en adore le rythme. C’est un grand moment sur scène..”
Faites entrer les clowns
“Encore une adaptation!
Le mot “clown” me fait toujours penser à mon papa. J’ai d’ailleurs commencé un texte, que j’enregistrerai peut-être un jour, où j’évoque un clown en parlant de mon père. Ce texte se conclut par “mais ne t’en fais pas, je t’aime papa”. Ce qui me touche, c’est cette dualité entre l’artiste qui fait rire et le clown triste. Et puis, c’est une mélodie tellement belle ! .”
Falling in love again
"Je ne pouvais un album hommage aux années 1930 sans qu'il ait Marlene Dietrich et Falling in love again.
Marlene, c’est une femme de caractère, c’est l’Ange bleu, c’est le côté “je suis faite pour l’amour des pieds à la tête, mais il y a toujours un truc qui vient tout compliquer”. Il y a aussi ce mélange anglais-allemand qui est caractéristique. Lili Marlene est une des premières chansons que j’ai chantées. C’est un personnage qui m’a toujours un peu suivie. Avec mon teint pâle et ma voix grave, à un moment on me comparait à elle. J’ai même fait des essais pour un remake de L’Ange bleu que Stanley Donen voulait tourner… J’avais vraiment envie de cette chanson-là, avec son couplet qui dit "Ces hommes qui tournent autour de moi comme des papillons de nuit…” C’est la femme fatale dans toute sa splendeur. C’est la femme qui peut avoir n’importe quel homme, mais ce n’est pas ce qui l’intéresse. C’est le coeur qu’elle attend. Et dès que l’homme tombe amoureux, c’est la fin… L’idée de départ de cette reprise, c’était de l’enregistrer en duo virtuel avec Marlene. On l’a d’ailleurs fait. Hélas, son petit-fils ne nous a pas donné l’autorisation. Alors on a opté pour que je fasse un duo avec moi-même, mais en conservant ce son de radio de l’époque, de la Deutsche Grammophon. Je me suis amusée à reproduire le phrasé de Marlene. C’était très intéressant à faire, mais je regrette quand même. On a l’enregistrement, mais on ne peut pas l’utiliser. Peut-être qu’un jour il changera d’avis…”
Pigalle
"Par rapport à l'emsemble de l'album, c'est un titre à part.
On s’est rendu compte que dans les années 1930, il y avait aussi le jazz à Saint-Germain, la musique manouche, le tango à Buenos Aires… On a voulu restituer ces trois axes dans Pigalle. C’est là qu’interviennent les Caravan Palace, un groupe de sept jeunes mecs qui font de la musique manouche, et que j’avais contactés pour qu’ils réalisent quelques arrangements sur l’album. Ce sont eux qui ont habillé musicalement Solo et La chance jamais ne dure. Ils voulaient aussi me proposer une chanson. Mais eux, ils font surtout de l’instrumental. Quand j’ai eu la musique, je l’ai trouvée superbe, mais elle ne comportait aucune mélodie pour le chant. Pourtant, je savais qu’elle apportait quelque chose et qu’elle constituerait un plus sur scène en matière de rythme. On a alors pensé au scat, cette façon de chanter tout en onomatopées propre aux chanteurs de jazz, mais ce n’est pas trop mon truc. C’est comme si demain on me demandait de chanter du rap ! Je ne sais pas faire ça. Alors, j’ai décidé de me lâcher en studio et d’essayer plein de trucs. On a enregistré ma voix, on l’a samplée, et on l’a utilisée comme un instrument, parfois à l’envers, parfois à l’endroit, mélangée avec des sons à eux, souvent insolites. Ça a été très amusant à faire. Ce titre arrive dans l’album comme une sorte de récréation.."
Solo
“Sur scène, c'est un moment du spectacle un pey spécial.
Il y a cette barre autour de laquelle je m’enroule et je danse ; il fallait aussi gérer les hauts talons et le micro qui ne me laisse qu’une main libre ; c’est là aussi que j’enlève mon soutien-gorge… Vocalement, c’est une chanson pas très évidente. Elle a de la pêche, surtout sur scène… C’est une chanson sur le désir, uniquement sur le désir qui dit : “On sait que quand on est tous les deux, on craque l’un pour l’autre, mais vivre ensemble, c’est la cata.” Quant à la solitude, c’est un état que je recherche assez souvent. On fait un métier où l’on est beaucoup entouré et c’est parfois très agréable de se retrouver seule. Quand on est sur scène, face à des gens debout qui t’acclament et que, quelques minutes plus tard, on se retrouve toute seule à promener son chien, le contraste est brutal. C’est fou ! Quand tu as quelqu’un dans ta vie, c’est moins marqué parce que tu sais que tu vas le retrouver après ou l’avoir au téléphone…”
Je t’aime encore
“C'est une belle chanson triste!
Ce n’est pas du vécu, mais elle s’adresse à quelqu’un qui serait parti trop tôt. C’est une histoire de couple, une histoire d’amour où l’amour est plus fort que la mort. Mais je privilégie la vie. J’adore l’envolée de ce refrain qui n’en est pas un : “Et moi je t’aime encore…” On ne la joue pas sur scène parce que j’ai des chansons comme Entrer dans la lumière et Je voudrais la connaître, qui sont un peu dans la même catégorie. ”
Et s’ il fallait le faire
“Sur l'intro on entend la voix de Fréhel.
C’est une des toutes premières chansons que j’ai reçues au début de l’aventure Kabaret. Je l’ai retenue sans savoir encore dans quelle direction j’allais vraiment partir. Au départ, c’était une chanson plutôt pop, très variété, presque italienne et, sur la maquette, j’entendais Fred Blondin, son compositeur, qui a une voix à la Johnny. Immédiatement, sans savoir ce qu’elle allait devenir, j’ai su que je voulais la chanter avec un pied de micro. Je la projetais déjà sur scène. Il y a dans cette chanson un mélange de force et de fragilité. Elle me fait penser à Il me dit que je suis belle : “Il me dit que je suis belle, qu’il n’attendait que moi”… C’est beau ! Mais en fait, à la fi n, elle constate : “Pauvre de moi, j’y crois.” Ce n’est pas une chanson positive. Je sais, en tout cas, que moi je ne mourrai pas par amour ! Si je découvre cette chanson à la radio interprétée par quelqu’un d’autre, je me dis : “Quelle belle chanson !” Et je suis ravie que ce titre ait été retenu pour représenter la France à l’Eurovision. ”
Ici vous pouvez trouver les mots de cette chanson.
Mon piano rouge
“Ah, mon piano rouge!
C’est une chanson plus parlée que chantée. Au niveau de l’interprétation et des mots, c’est la plus sensuelle. Bizarrement, plus que Solo. Avec le piano, je me livre à un véritable acte d’amour. C’était la chanson que j’appréhendais le plus de chanter. Alors, pour me donner du courage, j’ai demandé une vodka-orange, et je l’ai bue cul-sec ! Je ne voulais pas me poser trop de questions… J’avais déjà cette mélodie quand j’ai participé à l’émission de télévision en faveur de l’association ELA. J’avais dansé sur l’instrumental en compagnie des filles du Crazy Horse…”
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